• La VIGNE de MONTMARTRE

     

     

     

     

    La vigne de Montmartre, dont le nom officiel est le Clos-Montmartre, est une vigne plantée sur la Butte Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris.

    Il pousse sur le flanc nord de la Butte Montmartre, le long de la rue Saint-Vincent et de la rue des Saules.

    De part et d'autre se trouvent deux bâtiments montmartrois célèbres : le cabaret du Lapin Agile et le Musée de Montmartre.

     

     

     

    Rue St Vincent

     

    7 : Emplacement de la "maison d’Henri IV", connue comme rendez-vous de chasse du Vert-galant ; une des dernières à Paris recouverte d’un toit de chaume ; démolie en 1908.

    De nombreuses cartes postales la représentent.


    CPA VIEUX MONTMARTRE LA MAISON HENRI IV 1

      

    Cartes Postales Photos Vieux Montmartre - Rue St Vincent - Maison de Henri IV 75001 PARIS paris (75)

      

     

    Son jardin, celui de l’ancien manoir de Gabrielle d’Estrée, deviendra le parc de la Belle Gabrielle, où s’installera quelques temps la guinguette du "Butta Parc".

     

     

    Butta parc
    ► Le manoir de Gabrielle d’Estrée

     

    Le 9 juin 1929, alors que les promoteurs ont déjà la dent dessus, ce terrain est transformé en 2 nuits en "square de la Liberté" sur l’initiative de Pierre Labric (maire de la Commune Libre) et grâce à la mobilisation des Montmartrois.
    En 1933 y sera plantée, par Victor Perrot, la vigne qui s’y trouve encore aujourd’hui et qui fournit tous les ans un "Clos Montmartre" dont les bouteilles valent plus par leur étiquette que par leur contenu, mais dont la vendange fournit aux parisiens l’occasion d’une fête haute en couleurs. 

     

     

      

      

    Au XVIe siècle les habitants de Montmartre, localité située alors hors Paris, sont principalement laboureurs-vignerons. Les vignes sont cultivées du sommet de la Butte jusqu'aux plaines environnantes.

    Au XVIIe siècle le vin de Montmartre est un petit vin réservé à la consommation locale.

    Un dicton populaire de l'époque se moque de sa qualité qui semble être ici exclusivement diurétique :

      

    « C'est du vin de Montmartre
    Qui en boit pinte en pisse quarte. »

      

    (une pinte équivaut à 93 centilitres et une quarte à 67 litres)

    Au début du XVIIe siècle, à l'emplacement actuel du Clos-Montmartre, s'élève une guinguette champêtre.

     

      

      

    Son nom, « Le Parc de la Belle Gabrielle », vient du voisinage d'une maison qui aurait appartenu à Gabrielle d'Estrées, maîtresse du roi Henri IV.

     

     

    Plus tard le lieu se transforme en terrain vague, asile pour les clochards et terrain de jeux pour les enfants du voisinage. Après la disparition complète de ses vignes en 1928, Montmartre est replanté cinq ans plus tard de 2 000 pieds de gamay et de pinot noir provenant du domaine de Thomery près de Fontainebleau. Situés dans le XVIIIe arrondissement de Paris à l'angle de la rue des Saules et de la rue Saint-Vincent, les 2 000m2 du Clos Montmartre s'étendent à l'emplacement de l'ancien square de la Liberté, aménagé par le dessinateur Francisque Poulbot, fondateur de la république de Montmartre, en 1929.

     

      

    L'exposition au nord du Clos Montmartre en fait une sorte d'aberration viticole, ce qui explique que sa vendange a lieu fort tard, c'est-à-dire à la mi-octobre par les personnels publics-vignerons du service des parcs et jardins de la Ville de Paris [1].

    Enfin, en 1933, la ville de Paris, répondant aux vœux de la société « Le Vieux Montmartre », crée le Clos-Montmartre en plantant 2 000 pieds de vigne.

      

    Cette vigne (il reste aujourd'hui 1 762 pieds selon les propos de Gilles Guillet, grand maître de la Commanderie du Clos-Montmartre dans l'émission "Les Escapades de Petitrenaud") aujourd'hui « comprend les variétés les plus classiques des provinces viticoles de France, ainsi qu'une sélection d'hybrides vigoureux et fertiles. » L'ensemble est embelli par des plantations décoratives.

      

      

    L'accès du public n'est pas autorisé, sauf pour des occasions exceptionnelles, comme la « Fête des Jardins », organisée chaque automne depuis 1980 par la mairie de Paris.

    La cueillette du raisin ne donne pas lieu à une manifestation publique particulière. Il est pressé dans les caves de la mairie du 18e arrondissement.

    Chaque année, au mois d'octobre est organisée à Montmartre une Fête des vendanges de Montmartre, avec un défilé réunissant les associations montmartroises et des confréries vinicoles de provinces invitées.

    Le vin est alors vendu aux enchères. Le bénéfice revient aux œuvres sociales de la Butte.

     

     

    ANECDOTE - Notre Bon Roi HENRI VI de NAVARRE

     

    Dans le prolongement de la fameuse histoire de la tête de Henri IV, voici l’extrait d’un ouvrage du 19e siècle publié par Georges d’ Heylli : Les tombes royales de Saint-Denis : histoire et nomenclature des tombeaux, extraction des cercueils royaux en 1793, ce qu’ils contenaient, les Prussiens dans la basilique en 1871. Paris, Librairie générale, 1872.

      

    On y découvre cette autre histoire, toute aussi fameuse, des moustaches du roi Henri. Il faudrait pouvoir démêler le vrai du faux dans ces récits, mais ils sont bien intéressants et amusants à lire.

    « … lors de l’extraction du corps de Henri IV, trouvé en état de parfaite conservation, un soldat zélé et fanatique arracha un frag­ment de la barbe du bon roi et l’emporta avec lui comme un talisman ou comme un trophée (1). C’est ainsi du moins que le procès-verbal des exhumations raconte la chose.

     

     

    moustachesroyales.jpeg

    Royales moustaches!

    Or, le Journal de Paris du lundi 29 août 1814 rapportait que « M. le chevalier Dubos, sous-préfet de Saint-Denis, avait eu l’honneur de présenter au roi un tableau sur lequel sont fixées deux dents de Henri IV, sa moustache et une manche presque en­tière de la chemise avec laquelle il avait été enseveli. .

      

    Ces précieux restes avaient été recueillis, à l’époque de la profanation des tombeaux, par feu le sieur Desingy, alors suisse de l’abbaye, qui les a sauvés aux risques de sa vie; ils étaient restés jusqu’à présent entre les mains de sa veuve, qui aspirait depuis longtemps à les rendre à la famille à nos souverains. »

     

    Quarante-huit ans après, le 25 décembre 1866, M. Jules Claretie racontait dans le Figaro, à propos de la découverte et de la réintégration de la tête de Richelieu à la Sorbonne, que la moustache arrachée à Henri IV par le soldat qui figure dans ie procès-verbal précité se trouvait « conservée en ce moment, fin 1866, chez un bon bourgeois de Montmartre. »

    En réponse à cette assertion, le jeune journaliste reçut la lettre suivante :

    « Charlieu (Loire), ce 7 décembre 1866.

    Monsieur,

    Je vois, en lisant dans mon journal votre chroni­que d’avant-hier, qu’un bourgeois de Montmartre con­serve sous verre la partie gauche de la moustache de Henri IV. En est-il bien certain ? cela ne fait pas doute; mais ces précieux débris ont ils bien appartenu à l’inventeur de la poule au pot !

    Je viens du fond de la province, d’un trou, vous apporter une histoire vraie à cet égard.

      

    Seulement si elle devait troubler la quiétude du bourgeois de Mont­martre, n’en parlons pas.

      

    A l’époque où les sépultures royales de Saint-De­nis furent brisées, et tout à fait au retour de l’équipée, une espèce de géant à tournure farouche entra à Saint­-Denis nlênle, avec quelques-uns de ses camarades, chez un marchand de vins, où ils firent un repas à la fin duquel le colosse sortit de sa poche un papier qu’il tendit à une jeune personne de la maison en lui disant :

      

    « Tiens, citoyenne, j’ai’ coupé les moustaches au tyran Henri IV, je t’en fais cadeau. »

      

      

    La jeune fille accepta avec plus de crainte que de plaisir, mais conserva cependant les moustaches.

    Vingt-cinq ou trente ans après, cette femme avait pour voisin un négociant de notre ville, lequel avait son magasin, presque en face de l’établissement des denloîselles des légionnaires, à Saint-­Denis.

    Il y a vingt-quatre ans j’ai encore vu son enseigne, et je trouverais sa maison si Saint-Denis n’a pas été éclairci comme Paris.

      

    Ce négociant avait, comme bien d’autres, la manie des vieilles choses.

    Un jour qu’il montrait avec beaucoup d’intérêt je ne sais quelle vieille défroque, la femme aux mousta­ches lui raconta le don qui lui avait été fait et lui offrit de s’en dessaisir à son profit.

    il accepta de grand cœur, mais la difficulté était de retrouver cela.

      

    Pendant des années, toutes les fois que l’occasion s’en présenta, il demanda toujours à cette femme la re­mise des précieuses moustaches. « Mais elles sont perdues! » disait-il.

    Cette dame lui répondit que, lors de son dernier déménagement, elle était sûre de les avoir vues enve­loppées dans le même papier, qui n’avait jamais été ou­vert. Je consacrerai une journée entière à cette recherche, et je les retrouverai !

      

    Ce monsieur vint passer quelques jours ici, à Charlieu, dans sa famille. Pendant son absence, cette femme mourut. Son mobilier fut vendu.

      

    A son retour, notre compatriote S’empressa de faire des démarches pour connaître le sort des précieuses moustaches. Il apprit que dans un meuble rempli de linge on avait trouvé, sur le plus haut rayon, der­rière une pile de draps, un vieux papier dans lequel étaient effectivement des moustaches ou de la barbe.

      

    Mais on ajouta que sur l’observation du commissaire, que c’était certainement un souvenir de jeunesse conservé par la défunte (2), les héritiers, par respect pour sa mémoire, jetèrent au feu le papier et les moustaches qu’il contenait.

      

    Celui qui m’a donné ces détails est mort depuis quatre ou cinq ans; ses héritiers habitent Paris, dans une rue de la rive gauche. Il a dû leur faire part de ces détails; moi-même je les racontais dans une réu­nion, il y a environ quatre mois. S’ils sont vrais, les moustaches qui sont sous verre à Montmartre ne se­raient guère authentiques; mais si leur possesseur les tient pour officielles, elles lui feront le même usage.

     

      

      

    Quelques jours après, une épître nouvelle est adres­sée à M. Jules Claretie par un sculpteur d’Issy, qui aurait bien dû signer sa lettre. Il prétend que la mous­tache de Henri IV n’a pas été enlevée lors de l’ouverture des tombeaux, et que, quoi qu’on en ait dit, personne n’a touché au corps du roi. Cette dernière assertion, contredite par le procès-verbal d’exhumation, par les rapports de témoins oculaires les plus autorisés et les plus dignes de foi, aussi bien que par le nouveau procès-verbal d’.exhumation des restes royaux en 1817, n’a à nos yeux aucune sorte de valeur :

    Souvent j’ai entendu parler de la violation des tom­beaux des rois à Saint-Denis. A cette époque, un officier municipal fut envoyé.par la commune de Paris pour extraire les rois des caveaux et les jeter dans un trou à chaux.

      

    Cet officier nommé Compérot, était bon sculpteur et savait très bien mouler. En ouvrant le cercueil d’Henri IV, on trouva son corps si bien conservé qu’on fit un moulage de sa tête.

      

    Ce moulage, très bien fait, très ressemblant, fut le type de toutes les épreuves qui se vendirent depuis chez tous les mouleurs. Le masque de Henri IV, moulé sur nature, se trouvait chez eux vers 1834, et il doit encore en exister dans Paris.

      

    Après ce moulage, Henri IV, que le peuple avait réclamé et au corps duquel personne n’eut osé touché, fut enterré respectueusement en pleine terre dans un coin du cimetière de Saint-Denis.

     

     

    masque.jpg

    Le masque du visage de henri IV réalisé en 1793 par Compérot le jour de l’exhumation.

    On remarquera l’exceptionnel état de conservation de cette tête royale au moment du moulage!

      

      

    Les autres rois furent mis dans un trou plein de chaux vive. Le fils de cet officier, Compérot, sculpteur de talent, a été employé aux travaux de sculpture du nouveau Louvre. Le jour de l’inauguration, l’Empereur lui a remis une médaille d’or. Depuis, ses cama­rades sculpteurs se sont cotisés peur le faire entrer, avec sa femme, aux Petits-Ménages, où il se porte très ­bien malgré ses quatre-vingts ans.

    Enfant il assistait à l’ouverture des sépulcres, et je tiens de lui ces détails. P.R … « Sculpteur à Issy .. »

    Enfin, une dernière lettre, adressée au même journal, vient. encore compliquer la ,question : «Voulez-vous savoir, monsieur, où se trouve une partie de la fameuse moustache du bon Henri, et, cer­tes, la plus authentique. Allez à Chantilly et dans un petit salon au rez-de-chaussée du vieux château de la maison de Condé, vous trouverez un buste du Vert­ Galant (je devrais me contenter de dire la tête) posé sur un petit socle. Le tout est en cire jaune rendu verdâtre par le temps. Ce buste remarquable a été obtenu par un coulé d’ans une empreinte qui avait été prise sur la figure même du roi quelques instants après sa mort et, par suite de la négligence dans le graissage de la barbe et de la moustache, l’opérateur en avait arraché la plus grande partie .

    Aussi retrouve-t-on, sur le masque conservé sous verre à Chantilly, tout ce qui a été enlevé non seule­ment de la moustache, mais encore de la barbe grise du capitaine Henriot. Je pense que ce buste est toujours à Chantilly. Quant à moi, j’ai constaté ce que j’ai l’honneur de vous indi­quer en visitant le château en 1851 .

    Un de vos abonnés. »

    Il résulte de tout ce qui précède qu’il en est de la moustache de Henri IV comme de la plume de l’abdi­cation de Fontainebleau qu’on voit en beaucoup de musées différents, ou comme de la canne de Voltaire, que tous les amateurs de « bibelots» prétendent posséder.

      

    « Mais, comme dit le spirituel correspondant de Charlieu, si leurs possesseurs les tiennent comme officielle, elles leur font le même usage ».

      

      

    (1) Alex. Lenoir, dans les notes manuscrites du volume que ma communiqué Henri Houssaye, donne, dit-il, la véritable version des paroles prononcées par le soldat qui s’appropria la moustache du roi. Il s’écria, en propres termes : « Je suis soldat aussi, moi! je ne veux plus porter d’autres moustaches, et je suis sûr de vain­cre ces gueux d’Anglais, qui nous veulent tant de mal. » Je crois, pour ma part, que si le soldat déroba la moustache en ques­tion, il.l’emporta sans rien dire. La multiplicité des possesseurs de ladite moustache donne d’ailleurs peu de vraisemblance à l’histo­riette ainsi racontée.

    (2) Curieux rapprochement! En admettant que la chose soit vraie ! La moustache du plus amoureux de nos rois considérée comme un souvenir possible de galanterie par un commissaire de police du XIXe siècle !

     

     

     

     

     

     

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